Il suffit parfois de quelques notes pour reconnaître une époque.
Une chanson rappelle un quartier, une fête ou des amis perdus de vue. Avec Espoir 2000, ces souvenirs ont des noms familiers.
« Série C », « Abidjan farot » ou « Calculeuse » appartiennent à ce répertoire que les années n’ont pas effacé.
En novembre, Pat Sacko viendra le faire vivre devant le public canadien.
Figure du zouglou et voix emblématique du groupe, le chanteur est annoncé dans cinq villes. La tournée réunira des mélomanes attachés à cette musique et offrira une porte d’entrée à ceux qui la connaissent moins.
Cinq étapes entre le Québec et l’Ontario
Le calendrier publié par la billetterie prévoit une première soirée le 7 novembre à Montréal, au Carlton Signature. Québec suivra le 8 novembre, au Théâtre de la Cité universitaire de l’Université Laval.
Le parcours se poursuivra à Chicoutimi le 13 novembre. Le lieu de cette étape reste à confirmer.
Pat Sacko est ensuite attendu le 14 novembre à Ottawa, à l’auditorium du Rideau Community Hub.
La dernière date annoncée est celle du 21 novembre à Toronto, à l’Emerald Banquet Hall, dans le secteur d’Etobicoke.
B’eveent participe à cette programmation aux côtés de Festi-Lance et d’IADC, également mentionnés sur la billetterie.
Cette présence dans plusieurs villes rapproche les spectacles de publics qui n’ont pas toujours la possibilité de se déplacer jusqu’à Montréal.
Elle donne aussi une visibilité au zouglou au-delà des grands rassemblements habituels de la diaspora.
Après Meiway, B’eveent poursuit son travail
Dirigée par Prisca Gnanago, B’eveent poursuit une activité consacrée notamment aux rencontres culturelles et aux spectacles.
La venue de Pat Sacko s’inscrit dans la continuité de ce travail auprès des publics africains du Canada.
Le 17 mai dernier, la structure avait déjà participé, avec Lance Production, à la venue de Meiway à Québec.
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Le créateur du zoblazo s’était produit avec le Zo Gang. Le public avait répondu présent et l’artiste avait donné à cette soirée l’énergie attendue de lui.
Le passage du zoblazo au zouglou permet de faire entendre deux expressions distinctes de la musique
ivoirienne.
Pour les organisateurs, il s’agit aussi d’entretenir une relation avec le public au fil des événements.
Dans un entretien accordé à Africanadien en janvier, Prisca Gnanago soulignait l’importance du travail de terrain, de la confiance et de la régularité pour mobiliser la diaspora.

Espoir 2000, des chansons qui racontent la société
Issu de Koumassi, à Abidjan, Espoir 2000 s’est fait connaître dans les années 1990.
Le groupe réunissait à ses débuts Pat Sacko, Valéry et Shura. Après le départ de ce dernier, Pat Sacko et Valéry ont poursuivi l’aventure ensemble.
Le premier album « Éléphant d’Afrique », paru en 1997, marque une étape importante.
« Série C », sorti l’année suivante, contribue à installer le groupe dans le paysage musical ivoirien.
Le succès repose sur une écriture attentive aux comportements, aux contradictions et aux difficultés du quotidien.
Chez Espoir 2000, une histoire de couple peut devenir une observation sur l’argent ou les apparences.
Une situation ordinaire fournit le point de départ d’un récit que l’humour rend mémorable.
Cette manière de chanter la société explique une part de l’attachement au groupe.
Ses textes peuvent faire rire, susciter une discussion ou provoquer un désaccord. Ils donnent matière à écouter autant qu’à danser.
Un répertoire entre classiques et chansons récentes
Plusieurs titres permettent de mesurer l’étendue de ce parcours. « Série C » figure parmi les chansons associées à l’affirmation du groupe. « Abidjan farot » et « Calculeuse » restent des repères de son répertoire.
« Les caissières », présent sur « Génération consciente », témoigne également de son goût pour la chronique sociale.
L’histoire musicale d’Espoir 2000 se poursuit avec « Tableau blanc ».
Cet album comprend notamment «Respectez », « Mon pays » et « Solitude ». Il permet de découvrir une autre partie du travail du groupe,
au-delà des morceaux déjà largement identifiés.
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Ces titres donnent des pistes d’écoute avant la tournée. Ils ne constituent pas une liste officielle des chansons qui seront interprétées au Canada.
Le programme précis des concerts n’a pas été détaillé dans les annonces consultées.

Valéry reste dans l’histoire du groupe
La venue de Pat Sacko prend aussi place après une épreuve majeure.
Valéry, son compagnon de route au sein d’Espoir 2000, est décédé le 12 octobre 2024. Sa disparition a marqué la musique ivoirienne et les
admirateurs du duo.
Parler d’Espoir 2000 aujourd’hui suppose de rappeler sa contribution. Le groupe s’est construit dans cette histoire commune, à travers les enregistrements, les scènes et les années de travail.
Pat Sacko en porte désormais la continuité sur scène. Pour le public qui a connu le duo, retrouver ces chansons peut également raviver le souvenir de Valéry.
Pourquoi les Ivoiriens restent attachés au zouglou ?
L’amour du zouglou tient à la place qu’il accorde à la parole quotidienne.
Né dans le milieu étudiant ivoirien au début des années 1990, il s’est nourri des difficultés sociales, des préoccupations de la jeunesse et de son besoin de se faire entendre.
Le français populaire ivoirien et le nouchi lui ont donné une voix immédiatement reconnaissable.
Cette proximité aide à comprendre sa force affective. Dans une chanson, l’auditeur peut retrouver une expression entendue en famille ou une situation dont il a lui-même discuté.
L’humour permet de raconter des expériences parfois difficiles sans renoncer au plaisir d’être ensemble.
Il serait pourtant réducteur de parler d’un goût identique chez tous les Ivoiriens.
Les préférences varient selon les générations et les parcours. Le zouglou occupe néanmoins une place importante dans la
mémoire musicale du pays. Espoir 2000 fait partie des groupes qui ont contribué à construire cette relation durable.
Au Canada, une culture qui se transmet et se partage
Dans un contexte d’immigration, un concert peut donner une présence concrète à des liens entretenus à
distance.
Les chansons que l’on écoute chez soi retrouvent une scène. On peut y inviter un ami, retrouver une connaissance ou faire découvrir un artiste à ses enfants.
Pour les jeunes qui grandissent au Canada, cette rencontre offre une façon d’aborder la culture familiale par la musique.
Une expression inconnue appelle une explication. Un refrain ouvre une conversation sur une époque ou sur le pays des parents.
La transmission se fait alors dans un moment partagé. La portée culturelle peut également dépasser le cercle ivoirien. Le zouglou peut rejoindre d’autres publics africains, francophones ou simplement curieux.
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Les thèmes de l’argent, des relations et des difficultés quotidiennes trouvent des échos bien au-delà de leur contexte d’origine.
Il faudra attendre les concerts pour en mesurer la fréquentation et l’accueil.
Mais leur inscription dans cinq villes constitue déjà une occasion de faire circuler ce répertoire au Québec et en Ontario.
En novembre, Pat Sacko retrouvera un public avec lequel il partage des chansons et une histoire.
D’autres pourront les découvrir pour la première fois.




