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AccueilActualitésInterview/Bernice Dion: "sans estime de soi, aucune intégration n’est complète" 

Interview/Bernice Dion: « sans estime de soi, aucune intégration n’est complète » 

"S'accepter pour mieux briller" invite à une véritable introspection suivie d'actes concrets. À l'approche de cet événement prévu le 23 mai à Montréal, sa promotrice Bernice Dion a accordé un entretien exclusif à Africanadien.

Pourquoi as-tu fait le choix d’immigrer au Canada ?

Ce n’est pas moi qui ai choisi le Canada, c’est le Canada qui m’a choisie à travers la vision de mon père.

Il a pris une décision forte, celle de nous offrir une vie avec plus d’opportunités, plus d’ouverture, plus de possibilités.

Avec du recul, je comprends que ce choix allait bien au-delà d’un simple déplacement géographique.

C’était un acte d’amour, un sacrifice, mais surtout une projection vers un avenir plus grand.

Aujourd’hui, je marche dans cette vision avec responsabilité.

J’honore ce choix en construisant quelque chose de significatif pour moi et pour les autres.

Quels sont les défis auxquels tu as fait face pendant ton intégration au Canada ?

L’intégration, ce n’est pas juste s’adapter, c’est se reconstruire.

J’ai dû faire face à la solitude, au choc culturel, et à ce sentiment silencieux de devoir constamment prouver ma valeur.

Mais le plus grand défi a été intérieur, ne pas me perdre en essayant de m’intégrer. 

Trouver l’équilibre entre qui j’étais et qui je devenais.

Et c’est justement dans ce processus que j’ai compris une chose essentielle : sans estime de soi, aucune intégration n’est complète.

Quelle différence fais-tu entre la condition de la femme en Afrique et ici au Canada ?

Les réalités sont différentes, mais le combat est le même.

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En Afrique, la femme fait face à des pressions culturelles fortes

Au Canada, elle fait face à des défis plus silencieux : l’isolement, le manque de repères, parfois une perte d’identité.

Mais dans les deux contextes, il y a une vérité qui reste. 

Une femme qui ne se reconnaît pas elle-même aura du mal à prendre pleinement sa place.

Africanadien- Bernice Dion, promotrice de l’événement « S’accepter pour mieux briller »

Comment juges-tu l’intégration des femmes issues de la diaspora africaine au Canada ?

Je dirais qu’elle est visible à l’extérieur mais encore fragile à l’intérieur.

Beaucoup de femmes réussissent professionnellement, s’adaptent socialement mais intérieurement, il reste des blessures, des doutes, un manque d’ancrage.

On parle souvent d’intégration économique. Mais peu d’intégration émotionnelle et identitaire.

Et pourtant, c’est là que tout commence.

Tu organises un événement « S’accepter pour mieux briller ». De quoi s’agit-il exactement ?

C’est une expérience de transformation.

Un espace où les femmes viennent déposer les masques, confronter leurs vérités… et se reconnecter à qui elles sont réellement.

Parce que tant qu’une femme ne s’accepte pas pleinement, elle s’auto-limite sans même s’en rendre compte.

Cet événement est un point de bascule. Il s’agit de passer du doute à la conscience.

De la retenue à l’affirmation.

Quels seront les moments importants de cette rencontre ?

Il y aura des moments forts, profondément humains.

Des témoignages authentiques, des prises de conscience, des échanges qui touchent et qui réveillent.

Mais surtout, il y aura un panel d’inspiration puissant. 

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Des femmes avec des vécus réels, des parcours vrais, sans filtre, viendront non seulement raconter leurs histoires, mais aussi transformer la perception que d’autres femmes ont d’elles-mêmes.

Parce que quand une femme se reconnaît dans une autre, ça crée le déclic.

Et c’est là que le changement commence.

Comment aider la femme d’origine africaine à utiliser tout son potentiel ?

En commençant par l’essentiel : l’intérieur.

Il faut l’aider à déconstruire ce qui la limite, à guérir ce qui la freine, et à reconnaître sa propre valeur.

Ensuite, il faut lui donner des espaces, des outils, de la visibilité.

Une femme alignée intérieurement devient naturellement puissante extérieurement.

Quels sont les résultats attendus pour cette première édition ?

Je ne veux pas juste un événement réussi. Je veux un impact réel.

Je veux que les femmes repartent avec un déclic. 

Qu’elles se voient différemment. Qu’elles osent différemment. Qu’elles vivent différemment.

Et surtout, je veux poser les bases d’un mouvement.

Un mouvement où les femmes arrêtent de se diminuer et commencent à incarner pleinement qui elles sont.

Propos recueillis par Eric Coulibaly

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