Dorothee est une vieille dame de 92 ans installée à Ottawa depuis plusieurs années.
Elle vit seule dans une résidence et n’a personne pour l’aider dans les tâches domestiques.
La nonagénaire s’est donc tournée vers un service de nettoyage afin de tenir propre son espace de vie.
« Je reçois rarement la visite de mes enfants et je n’ai plus assez de force pour travailler. J’ai donc décidé de faire appel à une entreprise de nettoyage pour entretenir ma maison. Pour moi, la propreté, ça n’a pas de prix » a-t-elle martelé.
Dorothee n’est pas un cas isolé. Depuis quelques années au Canada, il y a désormais plus de personnes âgées de 65 ans et plus que d’enfants de moins de 15 ans.
D’où le boom des services à la personne et notamment une floraison des entreprises de nettoyage.
Mais celles-ci ne s’adressent pas qu’aux personnes vivant seules, des couples qui ne trouvent pas le temps d’entretenir leur cadre de vie, se tournent aussi vers le cleaning professionnel.
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C’est le cas d’Ann-Caroline et son époux. Après plusieurs années en Australie, ce couple de diplomates est retourné au Canada.
Il fait régulièrement appel à des cleaners pour entretenir sa demeure.
« J’ai une grande maison et je n’ai pas le temps d’en prendre soin. Pour moi, il est important qu’elle reste propre en tout temps. J’ai fait appel à une entreprise de nettoyage et pour l’instant, tout va bien » confie Ann-Caroline.
La diplomate est sans équivoque. Il faut avoir une entreprise légalement constituée et être autorisé à travailler au Canada pour s’occuper de ses affaires.
« Nous avons essayé plusieurs entreprises avant de trouver celle qui nous sied le mieux. C’est d’ailleurs une amie qui nous l’a recommandée » avoue t-elle tout sourire.
Ce couple, clientèle de prestige, fait partie des prospections de Cleanerz.
Lisa Avina, immigrante d’origine camerounaise est la promotrice de cette entreprise spécialisée dans le nettoyage résidentiel, commercial et post-construction.
« Je me souviens aussi d’un couple que j’ai rencontré il y a presque trois ans. Ils ont cinq enfants et travaillent tous les deux pour le gouvernement. La première fois que je suis allé chez eux, c’était le chaos, j’étais à deux doigts d’abandonner. Mais ce qui m’a retenue, c’est la gentillesse de la dame. Elle était toujours prête à donner un mot d’encouragement et une tasse de café. Les enfants étaient très attachants et le mari très respectueux » révèle t-elle.
Son entreprise a pris ses marques dans la région d’Ottawa, décrochant des contrats importants tant dans les résidences que dans les espaces commerciaux.
Le secteur du nettoyage au Canada affiche une croissance stable avec un taux de croissance annuel composé estimé entre 6,5 % et 6,7 % d’ici 2030.
Le marché canadien devrait atteindre plus de 27 milliards USD à la fin de la décennie.
Une véritable opportunité que certains entrepreneurs ont su saisir.
Mais un simple coup de balai ne suffit pas.
Le cleaning requiert des compétences et une formation adéquate.

Le cleaning, un métier qualifié
Le nettoyage au Canada n’est plus l’industrie du « balai et de la vadrouille » d’il y a vingt ans.
En 2026, plusieurs facteurs ont convergé pour transformer ce secteur en un métier technique, hautement régulé et stratégique
« Le cleaning n’est pas une activité par défaut ou une entreprise qu’on lance parce qu’on a simplement besoin d’argent. J’ai travaillé dans une entreprise de nettoyage quand je suis arrivée nouvellement au Canada. J’ai étudié des manuels sur le nettoyage et j’en ai même produit. C’est un métier à part entière » raconte la promotrice de Cleanerz.
La jeune entrepreneure consacre la plus grande partie de son temps à prospecter les entreprises afin de leur proposer ses services.
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Les débuts ont été difficiles certes, mais aujourd’hui, elle tient le bon bout.
« J’ai une équipe dynamique de 15 personnes que j’ai moi-même formée. J’ai créé un manuel à cet effet. Et je n’hésite pas à me rendre moi-même sur les sites pour faire le travail. Le cleaning pour moi est une passion » révèle t-elle.
Pour réussir un bon nettoyage, il faut d’abord faire l’état des lieux. Ce qui permet de définir les produits adaptés à l’espace.
Selon Lisa, un bon nettoyage commence par un bon équipement.
« Je nettoie des restaurants qui souhaitent maintenir un niveau élevé de propreté dans leurs espaces commerciaux, ce qui leur permet de proposer un meilleur service et de réussir les inspections sanitaires » ajoute-elle.
Au Canada, on est passé d’un métier de « main-d’œuvre non qualifiée » à un métier de Technicien en hygiène environnementale concernant le nettoyage.
Cette spécialisation permet aux entrepreneurs de justifier des tarifs plus élevés et de fidéliser une main-d’œuvre plus compétente.
Eric Coulibaly





