Comment vient l’idée de créer le Centre d’aide aux personnes immigrantes et leurs familles (CAPIF) ?
Le CAPIF est une initiative citoyenne que nous avons mise en place afin de répondre à un besoin, celui de créer une structure plus proche des familles dans notre milieu.
En 2021, nous avons réalisé un sondage auprès des familles pour mieux comprendre leurs attentes.
Les retours ont été très positifs, plusieurs familles ont exprimé leur intérêt pour ce type d’accompagnement et de soutien dans la communauté.
Quels sont les objectifs principaux de cette initiative ?
Notre objectif principal est de créer des espaces de dialogues interculturels entre les Québécois d’ici et d’ailleurs.
Nous voulons aussi favoriser l’intégration à travers la culture, l’art et le sport tout en valorisant les talents et en développant le sentiment d’appartenance des nouveaux arrivants dans la région
Le Canada est un pays d’immigration. Malgré les restrictions dans certaines provinces, des personnes continuent de venir. Quel est la place d’un centre comme le votre à côtés des autres structures existantes ?
Nous travaillons en complémentarité avec les organismes dédiés à l’accueil des nouveaux arrivants.
Lorsqu’une personne nous contacte, nous la redirigeons vers nos partenaires, comme le CJE-BN, qui prend en charge les premières démarches administratives et autres services essentiels.
Par la suite, nous restons en contact avec les nouveaux arrivants.
Nous les invitons à diverses activités, afin de briser leur isolement et de favoriser leur sentiment d’appartenance dans la communauté.
Nous savons que lorsqu’une personne arrive dans un nouveau milieu, elle s’identifie à ceux qu’elle rencontre.
Retrouver ses pairs lui procure un sentiment de sécurité et d’assurance.
Au-delà de cela, nous veillons à ce que chaque nouvel arrivant se sente la bienvenue sur sa terre d’accueil, dans l’optique d’un établissement durable et harmonieux.
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Comment s’organise le CAPIF pour proposer des activités afin de faciliter l’accompagnement des familles immigrantes ?
Les rencontres mensuelles sont des moments privilégiés pour créer un réseau et partager des expériences entre nouveaux arrivants et membres de la communauté.
Elles permettent de tisser des liens, d’échanger sur les réalités locales et de trouver un soutien mutuel.
Nous avons également mis en place un système de mentorat avec des membres de la société d’accueil, offrant un accompagnement personnalisé pour faciliter l’intégration, répondre aux questions du quotidien et renforcer le sentiment d’appartenance.
À côté de cela, la diversité des activités et services que nous proposons sont des moyens pour répondre à ces défis.
Je fais allusion des activités comme « Raconte-nous ton histoire », « Tricotons ensemble », « Les contes de la diversité », les visites aux familles, les cuisines collectives, les divers ateliers sont des occasions de briser l’isolement et de favoriser le vivre-ensemble

Le centre a récemment célébré ses 5 ans d’existence. Quel bilan faites-vous de ces années au service des communautés africaines ?
Nous avons eu le plaisir de célébrer notre cinquième anniversaire lors du Gala de la diversité et du vivre-ensemble, tenu le samedi 21 février, dans le cadre de la cinquième édition du Mois de l’histoire des Noirs en Beauce.
En tant qu’initiateur du Mois de l’histoire des Noirs en Beauce, je ne peux qu’être fier de cet accomplissement.
Il y a dix ans, en arrivant en région, nous étions contraints de nous rendre à Québec ou à Montréal pour participer à ces événements.
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Nous avons donc décidé de sensibiliser la communauté locale sur l’importance de célébrer ce mois en février, comme cela se fait partout au Canada.
Cette démarche dépasse la question de la couleur de peau. Elle concerne l’ensemble des citoyens, puisque l’histoire des Noirs fait partie intégrante de l’histoire du Canada.
Je tiens à saluer la ville de Sainte-Marie, qui nous a ouvert ses portes dès nos débuts et continue de soutenir et d’encourager nos initiatives.
Après cinq ans d’existence, le bilan du CAPIF est positif.
Les activités que nous avons lancées, comme le Festi-cultures, sont devenues des événements incontournables dans la région, contribuant à enrichir la vie culturelle et à renforcer le vivre-ensemble.
Quelles sont les prochaines étapes de votre développement ?
Nous poursuivons, avec toute l’équipe, le travail entamé depuis plusieurs années.
Nous développons des partenariats et consolidons nos acquis.
Nous remercions nos partenaires comme la Caisse Desjardins de La Nouvelle-Beauce et nos autorités politiques qui ont une belle ouverture à la diversité.
Nous nous réjouissons aussi de faire partie des organismes mandatés par le ministère de l’immigration, de la francisation et de l’intégration (MIFI) à travers le programme d’appui aux collectivités pour les trois prochaines années.
Nous bénéficions aussi de la confiance du patrimoine canadien qui nous a soutenu dans l’organisation du mois de l’histoire des Noirs en Beauce édition 2026.
Nous espérons poursuivre cette belle collaboration et continuer à être des vecteurs de changement dans le milieu
Quelle est votre vision pour l’émancipation des personnes immigrantes au Canada ?
C’est de les sensibiliser et à prendre leur place dans le milieu.
De ne pas hésiter à s’impliquer dans les différentes instances pour la prise de décisions, car nous devons construire un avenir où chacun a sa place et son mot à dire.
Propos recueillis par Linda Bouabré





