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Interview/ Thierno Souleymane Diallo: « la solidarité des Africains du Canada est fragmentée et peu visible »

Plusieurs communautés africaines se retrouvent au sein de la Fédération africaines et associations du Canada (FAAC). Thierno Souleymane Diallo, président de cette organisation nourrit l’espoir d’une communauté africaine plus solidaire. 

Quelles sont les motivations principales qui vous ont poussé à immigrer au Canada ?

Comme beaucoup d’Africains, mon immigration au Canada est d’abord portée par une quête d’opportunités, de stabilité et de perspectives d’avenir, tant sur le plan professionnel que familial. 

Le Canada représente un espace où l’on peut conjuguer ambition personnelle, engagement citoyen et respect des valeurs démocratiques

J’y ai vu un pays où l’effort, la compétence et l’intégrité peuvent ouvrir des portes, mais aussi un cadre propice pour contribuer à une société plurielle, tout en restant profondément attaché à mes racines africaines. 

C’est pourquoi, j’ai quitté la France pour le Canada où j’étais chargé de cours à l’université de Toulouse 1 – Capitole.

Pourquoi avez-vous décidé, depuis quelques années, d’œuvrer pour le développement des communautés africaines ?

Mon engagement est né d’un constat simple.

Malgré leur dynamisme, les communautés africaines restent souvent sous-représentées dans les lieux de décision et insuffisamment reconnues pour leur contribution économique, sociale et culturelle. 

Ayant moi-même traversé les défis de l’intégration au Maroc, puis en France et au Canada, j’ai ressenti la responsabilité de transformer cette expérience en action collective. 

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Oeuvrer pour les communautés africaines, c’est travailler à créer des ponts, à structurer des initiatives durables et à faire entendre une voix panafricaine forte et crédible.

Quel état des lieux faites-vous de l’intégration des communautés africaines au Canada ?

L’intégration des communautés africaines est contrastée. 

Il y a des réussites remarquables dans l’entrepreneuriat, les professions qualifiées, la culture et le sport. 

Cependant, des obstacles persistent : discrimination systémique, sous-emploi des compétences, accès inégal aux réseaux d’influence et parfois un manque de coordination communautaire. 

L’enjeu n’est donc pas seulement l’intégration individuelle, mais la reconnaissance collective et structurelle de notre apport à la société canadienne. 

D’où la création de la FAAC. 

Africanadien- Thierno Souleymane Diallo, président du Conseil d’administration de la Fédération africaine et associations du Canada (FAAC)

Vous êtes l’actuel président de la Fédération Africaine et Associations du Canada. Comment fonctionne votre organisation dans un pays si vaste ?

La FAAC fonctionne comme une plateforme fédératrice pancanadienne. Nous nous appuyons sur des associations membres, des relais régionaux (Québec city, Toronto, Moncton) et des partenariats stratégiques. 

Notre gouvernance est structurée autour d’un conseil d’administration, de comités thématiques (immigration, santé et services sociaux, politique et diplomatie d’influence, projets et financements, aînés, et entrepreneuriat) et d’une direction générale. 

Le numérique joue également un rôle clé pour assurer la coordination, la communication et la mobilisation à travers le territoire canadien.

L’objectif est clair : unir sans uniformiser, représenter sans exclure.

Quelles sont les actions que vous menez régulièrement afin de faciliter l’intégration et l’établissement des membres de votre communauté ?

La FAAC agit sur plusieurs fronts.

Accompagnement des nouveaux arrivants, soutien à l’entrepreneuriat, initiatives pour la jeunesse, pour les familles, les pères, activités de mobilisation citoyenne et communautaire, plaidoyer auprès des institutions publiques et production de contenus médiatiques via nos plateformes partenaires. 

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Nous travaillons aussi à professionnaliser les organisations communautaires afin qu’elles puissent accéder aux financements, renforcer leur gouvernance et accroître leur impact.

On dit souvent que les Africains du Canada ne sont pas solidaires à l’instar d’autres communautés. Quel est votre point de vue ?

Je crois que cette perception mérite d’être nuancée. 

Les Africains sont solidaires, mais cette solidarité est parfois informelle, fragmentée ou peu visible

La diversité de nos origines, langues et parcours peut être une richesse, mais aussi un défi si elle n’est pas structurée. 

Le véritable enjeu est de passer d’une solidarité émotionnelle à une solidarité stratégique, organisée et durable. C’est précisément l’un des rôles que joue la FAAC.

Africanadien- Thierno Diallo Président du Conseil d’administration de la Fédération africaine et associations du Canada (FAAC)

Quel est votre plan, au niveau de la Fédération, pour une diaspora africaine plus forte ?

Notre plan repose sur trois piliers : la structuration, la représentation et le rayonnement. 

Ceci résume bien notre devise adoptée récemment par le conseil d’administration: Unité-Action-Prosperité. 

Il s’agit de renforcer la gouvernance des associations membres, d’assurer une présence constante dans les espaces institutionnels et médiatiques, et de valoriser l’expertise africaine au Canada. 

Nous misons également sur des événements fédérateurs comme les RIDA (rencontres internationales de la diaspora africaine) qui est une innovation majeure de la FAAC prévue en mai 2026. 

Également, des partenariats stratégiques et le développement de projets à portée nationale et internationale.

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Quelle est votre vision, Monsieur le Président, pour la diaspora africaine du Canada ?

Ma vision est celle d’une diaspora africaine confiante, organisée et influente

Une diaspora qui ne se contente pas de participer, mais qui co-construit les politiques, l’économie et la culture canadiennes. 

Une diaspora qui transmet des repères forts à sa jeunesse et qui joue pleinement son rôle de pont entre le Canada et l’Afrique.

En somme, une diaspora respectée, écoutée et pleinement actrice de son destin.

Propos recueillis par Linda Bouabré 

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