Comment selon toi, tes invités ont-ils accueilli les deux fan zones organisées pendant la CAN ?
Cette année, il faut dire qu’il y avait plusieurs endroits qui diffusaient la CAN, donc l’offre était diversifiée.
Pour le premier match, Côte d’Ivoire – Cameroun, l’accueil a été un peu plus timide de mon côté, mais les gens ont quand même répondu présents et l’ambiance était au rendez-vous.
Pour le deuxième match, il s’agissait d’un partenariat avec un autre promoteur de spectacle, ce qui a permis de toucher un public plus large.
Ce partenariat a clairement contribué à une plus grande affluence et à une meilleure mobilisation.
Explique-nous comment tu trouves tes salles pour réussir à mobiliser la diaspora ?
Pour les salles, je travaille principalement en collaboration avec la ville de Québec, qui offre les meilleurs tarifs, ce qui rend les événements plus accessibles pour la communauté.
Cette accessibilité est aussi possible grâce à l’OBNL (Organisation à but non lucratif) que j’ai récemment créée.
Cela me permet de bénéficier de conditions municipales et communautaires adaptées à des projets culturels et rassembleurs.
Même si certaines contraintes existent, notamment au niveau de l’heure de fin, ce cadre reste essentiel pour offrir des événements structurés et abordables.
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Pour mobiliser la diaspora, c’est surtout un travail de terrain et de confiance.
Bouche-à-oreille, WhatsApp, réseaux sociaux, appels directs, et surtout la constance.
Quand les gens voient que les événements sont bien organisés et respectueux, ils reviennent et ramènent d’autres personnes avec eux.
Est ce que tu le fais par passion ou c’est un business à plein temps ?
C’est clairement une passion avant tout, mais une passion structurée.
Je ne fais pas ça à la légère.
Derrière chaque événement, il y a du temps, de l’énergie, des risques financiers et beaucoup d’organisation.
Donc oui, il y a une vision business, mais toujours avec une mission : rassembler, valoriser la culture et créer des moments forts pour la communauté.

Quels ont été les moments importants des deux rencontres des Éléphants que tu as organisées pendant le court parcours à la CAN ?
Concernant le match face au Cameroun, il y avait beaucoup d’intensité et une vraie rivalité sportive. Le score nul a permis à chaque camp d’y trouver sa satisfaction.
L’ambiance est restée saine et respectueuse, sans aucun clash après le match, ce qui a contribué à une très belle atmosphère générale.
Pour la rencontre contre l’Égypte, la déception a été grande. Dès le coup de sifflet final, plusieurs participants ont quitté la salle, déçus par le résultat.
Toutefois, certains sont restés et ont choisi de prolonger le moment dans une ambiance plus festive, malgré la déception.
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La CAN est finie, place à présent à la Coupe du monde. Que prépares-tu pour Toronto en juin prochain ?
Je veux clairement aller encore plus loin. J’ai beaucoup de projets et d’idées en lien avec la Coupe du monde, mais je préfère, pour le moment, rester discrète et ne pas donner plus de détails.
Le moment venu, tout sera communiqué officiellement.
On sait que tu es mère de deux enfants et que tu as aussi un emploi. Comment arrives-tu à gérer tout cela et à prendre du repos ?
Honnêtement, ce n’est pas évident. Je suis mère de deux enfants en bas âge, entrepreneure et j’ai aussi un emploi comme salariée.
La charge est réelle et le rythme peut être intense.
Mais je fais attention à trouver du temps pour moi et pour ma famille, parce que je reste convaincue que la santé, autant physique que mentale, est essentielle.
Quel conseil peux tu donner aux jeunes femmes immigrantes comme toi qui se lancent dans l’entrepreneuriat au Canada ?
Je leur dirais d’abord de croire en elles, même quand le chemin semble plus long ou plus difficile.
L’entrepreneuriat au Canada demande de la patience, de la rigueur et beaucoup de résilience.
Il est important de bien s’entourer, de poser des questions, de se former et de ne pas avoir peur de commencer à petit pas.
Surtout, ne jamais oublier de prendre soin de soi et de sa famille, parce que le succès n’a de valeur que s’il est durable et équilibré.
Propos recueillis par Eric Coulibaly




