Ce drame met en lumière la vulnérabilité de ces jeunes venus de loin, dont le parcours au Québec se heurte parfois à des réalités d’une dureté insoupçonnée.
Hormis le choc culturel et climatique, le défi de l’intégration peut parfois les exposer à des situations dangereuses.
Après Alexandra Martine, jeune étudiante congolaise de 21 ans, retrouvée morte sur les berges de l’île Saint-Quentin en octobre 2024, une autre tragédie frappe la communauté.
La Fédération africaine et associations du Canada (FAAC) adresse ses condoléances à la famille de Coulibaly Mohamed Alexandre dont la vie s’est brutalement interrompue le mardi 21 janvier dernier.
« Au nom du Conseil d’administration de la FAAC et de la direction générale, et en mon nom personnel, j’adresse nos plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches, à la communauté ivoirienne, ainsi qu’à l’ensemble des étudiantes et étudiants internationaux touchés par cette perte douloureuse. Nos pensées les accompagnent en ces moments d’épreuve » s’est incliné devant la mémoire du disparu, Thierno Souleymane Diallo, président du conseil d’administration de la Fédération africaine et association du Canada (FAAC).
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Les étudiants internationaux au Canada, et particulièrement au Québec, font face à une accumulation de défis qui dépassent largement le cadre académique.
Ces dangers sont souvent interconnectés, créant un effet de spirale pour les plus vulnérables.
Même si la cause réelle des dernières disparitions n’a pas été identifiée, des études montrent que les étudiants internationaux rapportent des niveaux de solitude et d’anxiété bien plus élevés que les étudiants locaux.

« Ce drame nous rappelle avec gravité la vulnérabilité particulière des étudiants internationaux, souvent confrontés à l’isolement, à la pression académique, aux défis d’intégration et à l’éloignement familial. La FAAC tient à réaffirmer son engagement indéfectible à être présente, à l’écoute et solidaire de celles et ceux qui en ont besoin » fait savoir Thierno Souleymane Diallo.
Très peu d’immigrants africains, qui entament une nouvelle vie au Canada, connaissent l’existence de ces associations communautaires.
Les procédures d’immigration étant parfois faites seuls ou avec l’aide d’agents agréés, ils ne reçoivent pas toutes les informations nécessaires à leur intégration sur le territoire canadien.
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Beaucoup découvrent la réalité une fois sur place. Une situation qui pousse même certains à réviser leur objectif de départ.
« À tous les étudiants et étudiantes internationaux, nous voulons dire ceci : vous n’êtes pas seuls. La FAAC met et continuera de mettre en place des espaces d’écoute, de soutien psychosocial, de rencontres et d’activités communautaires visant à briser l’isolement et à favoriser le bien-être mental. Nous vous invitons vivement à participer à ces initiatives et à venir à notre rencontre, sans hésitation » invite l’organisation.
Par ailleurs, la Fédération invite à la solidarité et au soutien mutuel.
« En ces moments difficiles, la solidarité, la bienveillance et le dialogue doivent guider nos actions collectives. La FAAC reste pleinement mobilisée pour défendre la dignité, la sécurité et le bien-être des membres de nos communautés, en particulier des jeunes et des étudiants » conclut Thierno Souleymane Diallo.
D’autres réactions d’organisations communautaires africaines sont attendues, notamment celle de la Fédération des associations ivoiriennes du Canada (FAIC) profondément affectée par ce drame.
Carine Kouadio




