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Canada : conduire « safe » pendant l’hiver, les conseils de spécialistes

Passer des routes sèches d'Afrique aux chaussées glacées du Canada est un choc pour tout conducteur. Mais si les risques de dérapages et de carambolages sont bien réels, ils ne sont pas une fatalité.

À Ottawa et dans toutes les autres villes du Canada, la neige a élu domicile sur la chaussée depuis plusieurs semaines. Avant de sortir, on vérifie la météo et on prend les dispositions qui s’imposent afin d’éviter des surprises désagréables. 

Si pour les piétons, il faut bien se couvrir et porter des chaussures antidérapantes, pour les conducteurs, l’affaire est tout autre. Ils ne sont certes pas directement exposés aux éléments, mais leurs véhicules sont mis à rude épreuve pendant l’hiver. 

Gildas est un Congolais installé à Ottawa depuis 2 ans maintenant. Dès son arrivée dans la capitale fédérale canadienne, le jeune homme a vite passé son permis de conduire ontarien avant de s’acheter un véhicule. 

Il exerce une activité de VTC et avoue redouter l’hiver à cause de l’impraticabilité de certaines routes. Malgré des pneus adaptés, le jeune immigrant confie qu’on n’est jamais à l’abri d’un accident. 

« J’ai failli un jour me retrouver dans un fossé. Heureusement, je n’avais pas de client à bord et je conduisais à vitesse réduite. Depuis ce jour quand il neige, je ne prends jamais les voies que je ne connais pas » a-t-il raconté. 

Les routes sont pourtant déneigées au Canada. Des entreprises spécialisées s’en chargent régulièrement afin de les rendre plus sûres. 

Les artères principales, les circuits d’autobus, les accès aux hôpitaux et aux services d’urgence sont la priorité. 

Mais selon Gildas, le service peut paraître lent en cas de forte chute de neige. 

« J’ai vu de grosses cylindrées patiner dans la neige. C’est dire à quel point le risque est réel. Pour moi, il faut juste conduire doucement. Pour le moment, c’est avec cette activité que je nourris ma famille, je dois donc demeurer prudent » a t-il ajouté. 

Le déneigement au Canada est une machine logistique impressionnante, mais face à une tempête majeure le système atteint souvent ses limites

Des conditions météorologiques qui endommagent régulièrement les véhicules.

« J’avoue qu’il est difficile de conduire en hiver et je ne sais pas qui vous dira le contraire » réagit Cédric Mugisha, immigrant d’origine rwandaise, travaillant pour l’entreprise de livraison de courrier Purolator. 

« Je suis obligé d’anticiper le freinage sur une bonne distance pour espérer voir mon véhicule s’arrêter. Je me souviens qu’une fois j’ai réussi à stabiliser la voiture après le feu, il m’a fallu faire rapidement marche arrière au risque de me faire renverser par les véhicules venant dans l’autre sens » a-t-il confié en anglais à Africanadien. 

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En hiver, en plus d’être prudent, des vérifications de son véhicule s’imposent avant de prendre la route. 

Afriacandien- Routes enneigées au Canada

La batterie, le maillon faible 

Pendant l’hiver, en plus de conduire prudemment, les conducteurs doivent être attentifs à l’état de leurs véhicules. Car des pannes peuvent survenir à tout moment même avec des véhicules neufs. 

La défaillance de la batterie est le problème le plus courant. Le froid extrême réduit la capacité chimique de la batterie à produire de l’énergie, alors que le moteur a besoin de plus de puissance pour démarrer car l’huile est figée.

« La plupart des personnes que je reçois dans mon garage, viennent pour des problèmes de batterie. C’est très récurrent en hiver. À -18°C, une batterie perd environ 60 % de sa capacité de démarrage. Moi je conseille toujours aux propriétaires de véhicules, de constamment vérifier leur batterie surtout si elle a plus de 4 ans » fait savoir Jean-Louis, mécanicien québécois installé à Gatineau. 

Par ailleurs, il y’a le gel des conduits. Selon le spécialiste, « l’huile moteur peut s’épaissir et mal circuler , ce qui peut empêcher le moteur de démarrer ou causer une usure prématurée. Si le réservoir est presque vide, de la condensation peut se former et geler dans les tuyaux, bloquant l’arrivée de carburant » prévient-il. 

Enfin, le choix du lave-glace est très important. Utiliser un liquide « été » ou « toutes saisons » « fera éclater votre réservoir ou bloquera les pompes »

Au Canada, il faut du liquide certifié à -40°C. Des informations précieuses que certains automobilistes ignorent. Par ailleurs, des précautions s’imposent avant de prendre la route. 

Quelques conseils pratiques 

Norman Pruner est un instructeur automobile canadien. Avec son entreprise Roadcraft Driving School, il aide régulièrement des étudiants à réussir les différentes étapes du permis progressif de l’Ontario (G1, G2 et full G). 

L’instructeur donne quelques conseils pour passer  l’hiver en toute sécurité sur les routes canadiennes. 

« Il est très important de vérifier votre voiture pour vous assurer que la pression de vos pneus est uniforme, que votre batterie est puissante et que vous avez suffisamment de lave-glace et de réserve. C’est aussi une bonne idée d’avoir une trousse d’urgence contenant des chandelles et des allumettes. Le plus important reste d’avoir quatre bons pneus d’hiver pour une traction optimale » explique t-il. 

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Selon Norman, bien que cela soit autorisé en Ontario, il faut éviter les pneus quatre saisons pendant l’hiver. Il préconise des roues adaptées aux conditions météorologiques afin d’éviter tout désagrément. 

« Selon les conditions météorologiques, apprenez à ralentir et à augmenter la distance de sécurité entre les véhicules. Déneigez et dégivrez complètement votre voiture tout le temps avant de prendre la route » insiste t-il. 

Pourtant malgré toutes ces précautions, il est possible qu’un conducteur se retrouve dans une situation dangereuse. L’instructeur conseille dans ce cas de garder son calme afin de réussir sa manœuvre. 

« En cas de dérapage, relâchez l’accélérateur, braquez le volant dans la direction du dérapage et freinez avec douceur. Prévoyez une distance d’arrêt plus longue, d’environ 8 à 10 secondes. N’utilisez pas le régulateur de vitesse sur une chaussée glissante, soyez vigilant face au verglas noir et roulez dans les traces de pneus déjà visibles sur la route » prévient-il. 

Au Canada, l’hiver dure environ six mois. La neige tombe régulièrement pendant cette période. Il est donc primordial de vérifier la météo avant de prendre la route. Connaître les grandes voies, celles constamment enneigées, peut aussi permettre d’anticiper sa conduite. 

Linda Bouabré 

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