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CAN 2025: Côte d’Ivoire-Cameroun, le film de la rencontre depuis le Canada  

Chambrages, accolades et encouragements mutuels pour la suite de la compétition. Le match Côte d'Ivoire-Cameroun a été suivi dans une belle ambiance à Gatineau au Québec.

À Gatineau, voisine d’Ottawa la capitale fédérale du Canada, l’effervescence monte ce dimanche à 14h. Les supporters, parés de vert et d’orange, affluent vers le resto-bar Le Québécois, dans le secteur Saint-Louis. 

C’est dans ce lieu, apprêté pour l’occasion, qu’Ivoiriens et Camerounais se sont donné rendez-vous. Au menu, le choc de la deuxième journée des phases de groupe, Côte d’Ivoire-Cameroun. Les Lions Indomptables défiaient les champions d’Afrique en titre

Par petits groupes entre amis, les amoureux du ballon rond ont pris place autour des tables disposées dans ce bar. Devant, un écran géant et un projecteur ont été installés pour la circonstance. 

L’ambiance oscille entre tension palpable et pronostics audacieux, alors que les fans des Lions Indomptables et des Éléphants se livrent déjà au jeu des taquineries.

« Je suis venu te voir pleurer cher frère car aujourd’hui, le Cameroun va battre les champions en titre » s’est adressé tout sourire à un ami, Styve Peuyo, supporter camerounais vivant à Ottawa. 

Une provocation à laquelle son ami n’a pas tardé à réagir. Prédisant une victoire finale des Éléphants à la CAN 2025, il ne considère pas le Cameroun comme un obstacle

« Pleurer ? Laisse moi rire. La Côte d’Ivoire va confirmer son statut de champions d’Afrique face au Cameroun. Ce n’est plus une affaire de belle famille. Le Cameroun apprendra à nous respecter » a réagi Cedrick, ressortissant ivoirien installé à Ottawa. 

Après les premiers échanges, le silence s’installe. Durant toute la première période, l’angoisse et la stupeur gagnent les rangs des supporters. Sur le terrain, chaque équipe rend coup pour coup. 

Contre toute attente, ce Cameroun en pleine reconstruction fait mieux que tenir tête aux champions en titre.

Les jeunes camerounais se créent plus d’occasions que les expérimentés ivoiriens. Yahia Fofana, le gardien des  Éléphants, réussit même à dévier un tir adverse sur sa barre transversale sous la clameur des supporters camerounais. 

Les Lions se montrent dangereux et ne semblent pas être intimidés par la masse de l’Éléphant.

Dans la salle, alors que certains supporters camerounais reprochent aux joueurs Ivoiriens de simuler des chutes, de leur côté, les Ivoiriens critiquent plutôt l’impact physique des joueurs camerounais. 

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« Oh Fofana, Seko Fofana pardon lève toi. Arrête de trop tomber. On ne te touche même pas et tu te jettes au sol. C’est abusé » a lancé une supportrice camerounaise après que pris dans l’étau des milieux de terrain camerounais, le joueur de Rennes, s’est écroulé non loin de la ligne médiane. 

« Qu’est ce que tu racontes ? Il ne tombe pas. Vous jouez comme si nous étions au rugby pourtant là c’est le football » a rapidement réagi dans la bonne humeur un supporter ivoirien. 

Aucun but ne sera marqué en première période. Le score est vierge. Supporters ivoiriens et camerounais décident de se détendre en attendant la deuxième période.  

Africanadien- Des supporters camerounais dans un stade de la CAN au Maroc (image d’illustration)

Une soirée équilibrée 

Au retour des vestiaires, aucun changement. Mais l’intensité est la même. Les deux équipes s’observent, les supporters du bar québécois aussi. Pourtant le match s’apprête à basculer. 

Sur une contre-attaque consécutive à une perte de balle camerounaise dans le camp adverse, le latéral gauche ivoirien Ghislain Konan, réussit sa sortie de balle et envoie un centre en direction d’Amad Diallo. 

Le sociétaire de Manchester United ne boude pas l’offrande. Il fixe le défenseur camerounais, avance et enroule le cuir à la 51e minute de jeu. Epassy ne peut que constater les dégâts. Le but est beau, la construction l’est tout aussi. 

Explosion de joie dans la fan zone québécoise. Les Ivoiriens exultent, crient et chambrent. 

« Nous sommes en train de manger du « choukouya de lion » balance l’un d’entre eux avant de poursuivre, « plus jamais le Cameroun se mettra au même niveau que les champions d’Afrique, plus jamais » prévient-il dans l’hystérie totale. 

Dans la salle, le contraste est évident. Les supporters Ivoiriens sont heureux, les Camerounais découragés mais pas abattus. Et ce à juste titre. 

Profitant d’un relâchement des Ivoiriens, la jeune garde camerounaise amorce une nouvelle offensive dans le camp adverse 4 minutes plus tard.  

Junior Tchamadeu réceptionne le ballon sur son côté droit aux abords de la surface de réparation ivoirienne. Le Lion fixe Ghislain Konan et frappe.  

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Le ballon est dévié par le défenseur ivoirien. Le portier Yahia Fofana, légèrement avancé, est trop court. Il est lobé. C’est l’égalisation camerounaise. La joie a changé de camp, les taquineries aussi. 

« Choukouya de quoi ? Qu’est ce que tu disais ici même ? On va vous mettre dans la sauce aujourd’hui » lance Styve Peuyo à un autre Ivoirien qui ne comprend ce qui vient de se passer.  

Le score n’évoluera plus, malgré une ultime tentative camerounaise. Ce match nul, qui renvoie les deux équipes dos à dos, fait finalement le bonheur de tous les supporters présents. 

Dans une belle démonstration de fraternité, Ivoiriens et Camerounais tombent dans les bras les uns des autres, se promettant une solidarité sans faille pour la suite du tournoi.

Africanadien- Des supporters ivoiriens aux couleurs de leur équipe nationale (image d’illustration)

L’ambiance du continent retrouvée 

À peine le sifflet final retentit que le DJ de Gatineau lance « Même pas peur » de Magic System. Ce nouvel opus du mythique groupe de zouglou, disponible depuis seulement le 12 décembre 2025, a déjà traversé l’Atlantique pour faire vibrer les établissements canadiens.

Il a ensuite égrené le répertoire de la musique camerounaise afin de rester fidèle au dénouement de la soirée. Les supporters des deux camps ont bu et dansé au nom de la fraternité, loin de leurs terres natales. 

Une diaspora africaine bien présente au Canada et qui se construit petit à petit. Plusieurs associations ont même été fédérées afin de cultiver la solidarité entre ressortissants du même continent. 

« Notre objectif est d’aller plus loin et non d’attendre uniquement ce genre d’événement pour se retrouver. La CAN passera mais nous continuerons de vivre dans ce pays. La diaspora africaine doit être aussi forte que les autres communautés afin d’accélérer l’intégration de ses membres » a réagi Thierno Diallo, président de la Fédération des associations africaines du Canada. 

Alors que la 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations bat son plein au Maroc, la diaspora africaine du Canada continue de vibrer au rythme de la compétition. 

Dans les bars et restaurants métamorphosés en véritables « fan zones », la ferveur reste intacte. 

Malgré les milliers de kilomètres, le lien avec la terre natale demeure indéfectible. L’Afrique bat toujours au cœur de ses enfants expatriés.

Eric Coulibaly

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