C’est une autre course contre la montre qui est lancée depuis quelques jours.
Dans la douleur de la disparition de Coulibaly Mohamed Alexandre, la communauté africaine du Canada fait face à une autre situation.
Selon la Sûreté du Québec, Kouamé Dominique Yao, adolescent de 15 ans, est porté disparu depuis le 28 décembre 2025. Elle demande l’aide du public pour le retrouver.
« Toute personne qui apercevrait Kouame Dominique YAO est priée de communiquer avec le 911. De plus, toute information pouvant permettre de retrouver cette personne peut être communiquée, confidentiellement, à la Centrale de l’information criminelle de la Sûreté du Québec au 1 800 659-4264 » lit-on sur le site de la police québécoise.
La disparition de Dominique a donc atteint un seuil d’inquiétude important surtout après le récent drame qui a secoué la ville de Trois-Rivières.
Pendant deux jours, les associations ivoiriennes ont multiplié les rencontres.
Leur Fédération a même produit un communiqué pour aider à retrouver cet autre membre de la communauté non sans présenter ses condoléances à la famille de Coulibaly Alexandre.
« Nous déplorons le décès tragique du frère Coulibaly Alexandre, étudiant ivoirien âgé de 25 ans, résidant à Trois-Rivières (Québec), porté disparu depuis le 14 janvier 2025 et retrouvé sans vie dans son véhicule à Montréal après plusieurs jours d’enquête. Nos pensées vont à la famille du défunt ainsi qu’à ses amis en cette période difficile » fait savoir la FAIC à travers son communiqué.
Elle invite aussi à la mobilisation afin de retrouver Kouamé Dominique Yao, l’adolescent de 15 ans qui n’a plus donné signe de vie depuis le 28 décembre 2025.
« Nous lançons également un appel urgent pour obtenir des informations pouvant aider à retrouver Kouamé Dominique Yao, adolescent de 15 ans, disparu depuis le 28 décembre 2025 à Saint-Félix- de-Valois (Québec). La Sûreté du Québec poursuit l’enquête et appelle la population à rester vigilante » indique le communiqué signé par Benjamin Pohé, président de la FAIC.
Pour l’heure, aucune information n’a été donnée sur les membres de la famille de Dominique.
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Mais plus les jours passent, plus les chances de retrouver l’adolescent sain et sauf s’amenuisent.
Un appel à la solidarité
Les dernières disparitions d’immigrants africains au Canada mettent en lumière la problématique de l’intégration.
Mais à défaut de réseaux de soutien familial traditionnel, les associations communautaires jouent un rôle important.
La Fédération ivoirienne des associations du Canada (FAIC) invite à la solidarité et à l’union.
« Nous invitons tous les Ivoiriens et membres de la diaspora à maintenir la solidarité entre associations et communautés pour mieux suivre et partager les informations pertinentes, participer à des groupes d’entraide, de soutien et de veille communautaire. Signaler toute information utile aux autorités compétentes sans tarder ou sans minimiser une demande d’aide » invite la FAIC.
La FAIC remercie aussi « les Forces de sécurité canadiennes et la Sûreté du Québec pour les efforts déployés dans les enquêtes en cours« .
Par ailleurs, elle les invite « à une communication renforcée, une sensibilisation accrue auprès des communautés immigrantes et une meilleure prévention pour éviter de futurs drames ».
La solidarité au sein des communautés africaines du Canada n’est pas seulement une valeur culturelle héritée.
C’est un mécanisme de survie essentiel et un pilier du développement pour chaque individu qui la compose.
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Dans un contexte marqué par des deuils comme celui de Mohamed Alexandre Coulibaly ou la disparition de Dominique Yao, cette solidarité revêt plusieurs dimensions cruciales.
Lorsqu’un étudiant ne donne plus de nouvelles, c’est la communauté qui se mobilise sur les réseaux sociaux, fait pression sur les autorités et contacte les ambassades.
Elle offre un sentiment d’appartenance à ceux qui ont tout laissé derrière eux.
C’est souvent par le réseau communautaire qu’un nouvel arrivant trouve son premier logement abordable ou un parrainage pour ses premières démarches administratives.
Il est donc important d’avoir toutes ces informations avant même de prendre la décision d’immigrer au Canada car vivre en communauté, c’est se mettre à l’abri de situations parfois dangereuses.
Carine Kouadio




