dimanche, mars 1, 2026
No menu items!
spot_img
AccueilActualitésIntégration africaine Canada : jusqu'au bout pour l’anglais 

Intégration africaine Canada : jusqu’au bout pour l’anglais 

Obsession. C’est le terme qui convient à ma détermination à apprendre l’anglais dès mon arrivée au Canada. Ce n'était pas facile au départ, mais j’y suis arrivé.

Fini les « how are you, how old are you » ou encore « what is your name”, « Im fine and you ? » Au Canada, on vous demande de tenir une vraie conversation en anglais. 

Votre niveau scolaire ne vous sera donc pas de grande utilité bien que vous soyez en mesure de placer une ou deux réponses, pas plus. 

Une situation embêtante qui pousse les francophones à préférer le Québec au reste du Canada. Moi, j’ai fait l’inverse. 

J’ai choisi l’immigration hors Québec pour une raison simple, apprendre l’anglais. Et je ne suis pas le seul d’ailleurs dans ce cas. Beaucoup d’immigrants africains francophones affluent vers le reste du Canada, notamment en Ontario, à cause de l’anglais. 

Être bilingue au Canada confère un statut privilégié et offre d’innombrables opportunités à travers le pays.

Les employeurs recherchent des personnes capables de s’exprimer couramment dans les deux langues. 

C’est la raison pour laquelle le gouvernement canadien, à travers des organismes, forme les nouveaux arrivants à l’anglais pour faciliter leur insertion professionnelle.

A LIRE AUSSI: Fêtes au Canada, voici comment les Africains passent le 24 et le 31 décembre 

Vous avez aussi la possibilité de vous inscrire à des cours payants. Mais comme le dit souvent un ami, pourquoi payer quand on peut l’avoir gratuitement ? J’ai donc payé le prix de la gratuité

Une attente trop longue 

Je suis arrivé à Ottawa le 1er avril et le lendemain, je me suis rendu au Centre des ressources communautaire d’Orléans-Cumberland, une banlieue de la capitale fédérale canadienne. 

Là, outre les autres démarches liées à l’emploi, j’ai exprimé mon envie d’apprendre l’anglais le plus rapidement possible. 

Sur place, un numéro m’a été communiqué. Il fallait prendre rendez-vous pour faire mon évaluation en vue d’une inscription à des cours selon mon niveau. 

Je prends le rendez-vous et mon évaluation est programmée le 3 juin. Attente que je trouve longue. 

Pourquoi patienter d’avril à juin pour faire une simple évaluation ? Cependant, il y avait une autre option.

Se rendre en personne au centre d’examen après le 21 avril, période d’affluence modérée, pour forcer le destin. C’est ce que j’ai fait. J’ai été évalué avec un niveau 5 en anglais. Eh oui, un niveau d’anglais 5 sur 20. 

C’est le résultat de toutes ces années passées au secondaire en Côte d’Ivoire, avec des professeurs qui donnaient l’impression de dîner à la table de Shakespeare. 

J’ai même eu en troisième, un professeur d’origine libérienne qui ne parlait aucun mot de français. J’en ai souffert. Tous ces efforts pour un 5 en anglais au Canada. Ce n’est pas bien grave, me suis-je dit. 

Mais l’affaire n’était pas pliée pour autant. Un autre problème se dressait sur mon chemin, la disponibilité des classes

L’examinatrice m’a fait savoir qu’il n’y avait aucune place disponible pour commencer les cours en ce moment-là. J’ai donc été mis sur la liste d’attente, tant les candidats à l’anglais étaient nombreux. 

Le YMCA, l’un des organismes chargés de former les nouveaux arrivants en français ou en anglais, était débordé. Les délais s’allongeaient, mon impatience grandissait. 

Que faire ? Attendre ou trouver une autre solution ? 

Africanadien- Une pile de livres pour apprendre et maîtriser l’anglais

Une solution temporaire mais efficace 

J’ai changé deux fois de domicile lors de mes premiers mois au Canada. Ma première adresse était un Airbnb que j’ai quitté après deux semaines et la deuxième, un appartement à Gatineau que je devais libérer fin mai. 

Il fallait donc trouver un point de chute et j’ai décidé, encore et toujours pour l’anglais, de retourner à Ottawa. 

Mon objectif était de trouver un propriétaire anglophone qui accepterait de me louer une chambre. À ce dernier, je ferais part de mon désir d’apprendre l’anglais en initiant parfois des conversations avec lui. 

A LIRE AUSSI: Intégration au Canada: les Camerounais, champions du retour aux études 

Mais ceux qui vivent ici, savent que trouver un propriétaire ami, est une chimère. La plupart ne sont intéressés que par le loyer et l’entretien de leur domicile. Pour le reste, débrouillez-vous ! 

Avec beaucoup de chance, j’ai réussi à trouver une propriétaire prête à m’aider dans ma quête perpétuelle de l’apprentissage de l’anglais

Avec cette femme d’un certain âge que je considère comme ma mère, « I everyday improved my english », je travaillais chaque jour mon anglais, comme le disent les Ottaviens. 

La bonne nouvelle est arrivée par la suite. Pendant que je m’exerçais par mes propres moyens, les classes se sont libérées et je pouvais enfin prendre de vrais cours d’anglais avec le YMCA. 

Mais j’ai finalement décidé de ne pas m’y inscrire. Plusieurs participants m’ont confié que ces cours n’avaient pas vraiment amélioré leur niveau. Selon eux, le véritable anglais canadien s’apprend sur le terrain : dans la rue, les commerces ou directement au travail. 

J’ai eu la chance d’avoir un travail dans lequel je travaille régulièrement avec des anglophones.

Je ne suis pas encore bilingue mais je comprends 80% des conversations. Ce n’est déjà pas mal pour mes premiers mois au Canada. 

Je me suis aussi inscrit à la bibliothèque d’Orient Parc, le quartier où j’habite au moment de la rédaction de ce texte, pour des séances de groupe en anglais. 

Bientôt, je vous rédige un texte complet dans la langue de Trump. Pour le déchiffrer, il va falloir vous aussi, prendre des cours en anglais. Ce qui serait pour vous, un moindre mal. 

Eric Coulibaly 

A LIRE AUSSI
- Advertisment -spot_img

DIASPORA

- Advertisment -spot_img